Carnet d’admirateurs

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Les EUX de Claude THIEL de NEUVILLE

« Au-delà du jeu de mots qui rappelle avec réussite son intérêt pour l’oeuvre de Marcel Duchamp, et qui souligne aussi l’importance du langage et de ses jeux possibles dans la compréhension de l’art au vingtième siècle (marqué par les sciences humaines qui l’accompagnent: psychanalyse, linguistique, pragmatique et philosophie analytique), Claude Thiel de Neuville parvient, à mon sens, dans l’engagement de cette série, à resserer les noeuds de la nature plastique de la peinture, telle qu’elle se posera au vingtième siècle à la suite d’une longue histoire revisitée. En effet, entre proximité et lointain, entre manière expressive et minérale, et stylisme, synthétisme de la ligne, entre pigmentation de l’huile sur une boîte craquelée renchérissant sur l’expressivité lorsque le nez se colle au devant, et apparition de traits bruts, presque graphiques dès que le regard s’éloigne, l’artiste réussit ce tour de force, dans un jeu de hasard qui s’inscrit à bon point dans son développement, à non point concilier, non pas réunir, mais reposer frontalement la question du partage des arts plastiques dans son histoire moderne. Cette série poursuit l’implication de la peinture dans le spectacle, ce qu’on appelle une performance, retravaille un élèment moteur de la recherche graphique dont le grain photographique mis en affiche monumental a supposé un regard de plus en plus distant, et rétablit de nouvelles formes dans une dimension proprement plastique qui reste le noyau qui spécifie la peinture au regard des autres arts. »

Mathias Besançon, artiste-peintre, diplômé en Arts Plastiques et Philosophie

Vous qui passez sans me voir…

« Cette ancienne rengaine peut prendre un sens nouveau au regard des dernières oeuvres de Claude THIEL de NEUVILLE. Les Eux (Jeu de mots sur Les Oeufs) est aussi un jeu de massacre selon l’auteur, qui consiste – en peignant des portraits sur des centaines de cartons d’emballages d’oeufs ordinaires ! – à destiner ces mêmes portraits tout juste au sortir de l’oeuf à être barbouillés (et même brouillés) par l’envoi d’autres oeufs lors d’une gigantesque performance fêtarde ! Comme dirait Christophe COLOMB, Tout est dans l’Oeuf. Parmi les hommes célèbres ainsi portraiturés actuellement, les populaires COLUCHE, L’Abbé PIERRE, CHE GUEVARA… Selon le peintre, il est ainsi utile de s’attaquer à des figures emblèmatiques et porteuses d’un message universel. Faire la même chose avec un dictateur n’aurait pas le même impact psychologique et contribuerait même à le rendre inutilement sympathique !

Vous qui passez sans me voir… Cette oeuvre ne peut se lire que d’une certaine manière. Voir le côté alternativement concave et convexe d’un carton d’emballage d’oeufs où les portraits ne sont reconnaissables absolument que d’un seul angle ! Ainsi le peintre veut-il exprimer que, bien souvent, nous passons à côté des choses et des gens sans qu’ils soient visibles !?!? Ailleurs, tout n’est que brouille, brouillage, bouillie, barbouillis… C’est le mécanisme de l’Attention (donc, la Tension vers quelqu’objet) et le désir de retrouver des visages connus qui sont ici signalés.

Claude THIEL de NEUVILLE suggère par ailleurs une quête chamanique d’être(s) par laquelle nous sommes liés d’une manière sentimentale mais – à l’éclairage des problèmes quotidiens – que nous n’arrivons à connaître que fortuitement ! L’oeuvre peinte met en valeur et même en reliefs cette altération des sens ordinaire(s) … grâce à une série de cartons d’emballages d’oeufs, Eux aussi ordinaires. » (Attention ! Objets et sujets fragiles !)

Jean-Paul de PERETTI, alias DOC’ J.P.P., Docteur en Arts Plastiques

« Avec Thiel de Neuville, les arts plastiques prennent tout leur sens. »

 » Comment définir l’activité de Claude Thiel de Neuville, à la fois peintre, sculpteur, installateur, vidéaste…Il s’aventure avec aisance dans différents domaines et les explore avec jubilation. Il nous emmène dans un univers fantaisiste où se confondent rêve et réalité, proche du vertige où l’oeil est sans cesse en alerte. Tout bouge, tout change, disparaît mais tout est là. A nous de saisir formes et couleurs pour nous ancrer dans son oeuvre. »

Louis Tartarin Service Culturel Ville de Bezons (95)