La Machine à trouver l’inspiration…

Claude THIEL de NEUVILLE dans son atelier parisien recherchant l’inspiration…

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En réponse aux perceptions sensorielles, visuelles, tactiles, sonores, gustatives et olfactives, l’être vivant enregistre des images et les compile dans son intériorité. L’imagination fonctionnerait comme un ensemble de capteurs d’énergies et de fréquences. C’est l’imagination, la faculté de reproduire des images du monde dans notre intériorité. Ce ne sont pas uniquement des images rétiniennes, ce sont des images cartographiques qui mettent en valeur des formes avec des annotations, des émotions aussi, ces énergies positives ou négatives, ces images de sensations, à la manière d’émoticones qui sont aussi des formes, des figurations. Ces images cartographiques sont complexes et résultent de différents points de vue permettant de reconstituer le relief. Les points de vue étant spatio-temporels, ils confèrent aux images des attributs de lieu et de temps.

Ces images vont être discrétisées pour constituer la mémoire. La discrétisation est l’opération qui permet de répartir en classes une série de variables qualitatives et quantitatives. Cette opération simplifie l’information et la compile en regroupant les images cartographiques en ensembles métaphoriques présentant des analogies similaires, permettant un compactage plus performant des données. Ces images cartographiques sont stockées dans une mémoire individuelle et personnelle et sont constitutives de l’identité individuelle. Les images y sont en instance. On pourrait se poser la question de savoir s’il existe un code source de transcription particulier à chaque individu ou un code source unique pour tous les individus.

La pensée formulée par le langage, ce sont des agencements de lettres, des signes qui sont aussi des images. La pensée et ses concepts transitent elles aussi, au-delà des mots, par des images cartographiques.

La production de l’image à l’intérieur de nous-mêmes n’est qu’un volet du processus de l’imagination, l’autre volet, c’est l’aptitude de l’imagination à restituer les images.

Les enregistrements d’images sont plastiques (du grec plastos qui a la puissance de former, en philosophie scolastique). Grâce à l’imagination, nous pouvons faire appel à une grande partie des objets, des paysages que nous avons vus, des évènements que nous avons vécus, des visages que nous connaissons…Certaines images sont des images floues, elles représentent un ensemble qui s‘est estompé, par contre d’autres sont très nettes, et on peut même zoomer sur ces images, en voir les détails, circuler autour.

Cette expérience, que les psychologues cognitifs appellent l’imagerie mentale, correspond donc à la représentation non plus d’une réalité qui est présente, mais d’une réalité passée. L’imagination va faire surgir des images d’un passé qui a existé, mais qui n’existe plus, du moins dans sa totalité, à la manière d’un rayonnement photonique, fossile.

Le langage parlé et écrit et ses mots nous permettent de restituer les images stockées en nous, c’est un facilitateur. Sans langage, nos images cartographiques seraient dans un gouffre, hors de portée de toute communication avec les Eux, les Uns et les Autres. Le langage est une invention humaine, la forme évoluée et raffinée du cri. Les langages et les mots sont des vivants et meurent comme les êtres vivants. Quand une langue meurt chaque quinzaine de jours sur notre planète, c’est une part de l’imagination des hommes qui disparaît.

L’univers est aussi pourvu de mémoire, celle qui nous est le plus familière est le rayonnement photonique, mais elle est beaucoup plus diversifiée. Aussi, l’univers est par essence un créateur d’assemblages. Il s’est construit et continue à se construire à partir des éléments recensés dans le tableau périodique des éléments. La faculté de créer des assemblages de plus en plus compliqués, de trouver de nouvelles affinités, de s’assembler, c’est peut-être ce qu’on appelle la vie. Mémoire et aptitude à réaliser des assemblages, deux dispositions qui pourraient induire pour l’univers une capacité d’imagination. Souvent même, on pourrait croire que la nature, dans ses épanchements par exemple, se prend à rêver.

Le rêve est une disposition (aptitude) particulière de l’imagination. Il y a plusieurs sortes de rêves, les rêves lucides où le rêveur est conscient de rêver, leur opposé, les rêves trans-lucides et puis les rêves provoqués par des faciliteurs de rêves, des composés chimiques ou des émotions positives ou négatives. Tous les rêves ne sont pas heureux, il y a des images qui nous hantent, des cauchemars…Mais la rêverie peut être aussi vécue comme une sorte de relaxation, un relâchement des tensions qui nous harcèlent, voire un refus de la réalité. La rêverie, c’est aussi marcher à l’intérieur de soi, au travers d’expériences mémorisées en des images cartographiques, avec un regard et un esprit nus, à vif, en vacance d’esprit, en errance. Comme la marche dans la nature, elle est une expérience privilégiée, cohérente, cognitive. La rêverie dérange l’ordonnancement, la mise en forme de notre mémoire, mais déranger pour ranger, c’est mettre dans un autre ordre, ordonner. Est-ce que la rêverie qui est considérée aujourd’hui comme une disposition de l’imagination ne serait pas un des grands principes de la mise en œuvre de l’univers ? Le rêve féconde aussi des univers possibles, encore plus immatériels avec lesquels nous pouvons récréer.

L’inspiration est l’une des phases de la respiration consistant à absorber l’air, à l’opposé de l’expiration. La fonction respiratoire est vitale chez les êtres vivants car elle est un apport important d’énergie pour le corps.

L’imagination sur le modèle de la respiration, comprend deux phases aussi, l’inspiration qui consiste à fabriquer et stocker des images passées et l‘expiration qui consiste à les restituer au présent. L’inspiration est la disposition à créer qui anime les novateurs en général, le savant, l’écrivain, l’artiste ou le poète.

L’inspiration est un état qui demande beaucoup d’énergie et qui consomme beaucoup d’oxygène. D’aucuns l’appellent le souffle créateur. L’inspiration est véritablement une machine qui se met en route pour produire des images et des idées fumeuses, cette affluence aléatoire d’images et d’idées stimulant l’imagination et la créativité est synonyme de novation, d’originalité. Ces images peuvent être créées par nos désirs ou surgir spontanément dans notre esprit. L’inspiration pourrait être provoquée par un afflux d’oxygène et donc d’énergie entraînant une fulgurante réorganisation d’images sous une forme nouvelle ou déformée qui provoque une illumination ou une transe. Il peut aussi s’agir d’une restitution ou reconstruction aléatoire des images mémorisées qui créerait de nouveaux ensembles métaphoriques. (à suivre)

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